La Grèce… “de l’endroit” !
- Groupes de 2 à 6 personnes – Journée complète
Le pays à part
Ágrafa et leur vaste contrée, ce parfait refuge des Grecs rebelles durant l’Occupation ottomane, fut pour les initiés, le terroir montagneux inaccessible par excellence, ceci d’ailleurs il y a seulement quelques années.

Cette région, est comme on s’y attendait, la terre d’origine pour de nombreux combattants parmi les chefs de la Guerre d’Indépendance grecque, de 1821 à 1829, à l’instar de Geórgios Karaïskákis et d’Antónis Katsantónis, tous deux connus pour leur bravure au combat face au pouvoir ottoman.
Le massif, abrite principalement des petits villages, lesquels appartiennent tous depuis 2018, au Parc national de Tzoumérka – Achelóos – Ágrafa – Météores, ce qui délimite en réalité une bonne partie de plus grande chaîne de montagnes en Grèce, celle du Pinde et du côté sud.

Cette région étendue, regorge ainsi de joyaux perchés sur les flancs de ses pentes, dominant les flots, les vallées étriquées et les lacs, portant en leurs pierres toute la richesse du patrimoine régional.
Entre lacs et montagnes, les nombreux villages, certes actuellement pratiqueent tous sur la triste voie de l’abandon, ils témoignent sinon de ce caractère unique qui caractérise la Grèce continentale des massifs, déjà tant mis en valeur par les ethnologues et les voyageurs avisés du siècle passé.
Autrement-dit, un mélange harmonieux de culture, d’histoire, de plaisirs… si possible gastronomiques, le tout, dans un décor naturel exceptionnel.

Nous pénétrons d’abord les mystères du Lac Plastíra, situé à près de 1.000m d’altitude. Ses bourgades, entourées de chênes et de châtaigniers, composent ce que les habitants des lieux nomment alors “le balcon de la Thessalie”.
Ceci, car depuis les hauteurs près du lac, notre regard atteint même par temps clair, les sommets du mont Olympe.
Et comme à notre habitude, bien loin des sentiers battus du tourisme de masse, nous explorons fièrement ce pays vert aux magnifiques villages surplombant le grand lac formé par le barrage, construit en 1959.

Notons qu’en ces lieux pendant la Seconde Guerre mondiale, l’ancien plateau avait été aménagé pour devenir le seul aérodrome, fonctionnant sous le contrôle de la Résistance grecque durant l’Occupation nazie.
Une histoire que nous ne manquerons pas d’évoquer, de même que le sort tragique en ces lieux, des rescapés de la Division italienne Pinerolo.
Car, à l’instar des autres unités italiennes occupantes, à la Proclamation du général Badoglio en septembre 1943, lequel “au nom du gouvernement italien”, confirma l’armistice de Cassibile signé avec les Anglo-Américains, dans… toute sa coupure historique; leur situation deviendra du jour au lendemain, tout simplement intenable.

Sitôt à parti de septembre 1943, les centaines de milliers de soldats d’Italie hors des frontières, dont ceux occupant la Grèce, furent abandonnés à eux-mêmes quand leur anciens alliés de la troupe allemande les traitèrent en… ennemis. Y compris et surtout… à Ágrafa, dont la mémoire de ces pauvres Italiens n’est pas, fort heureusement, oubliée.
Puis, en pénétrant dans l’univers du Lac Plastíra, nous abordons entre autres les villages de Kalývia et de Neochóri, aux plages aménagées. La baignade dans le lac est ici très aisée, nous offrant un des moments inoubliables de notre parcours, sous réserve bien entendu d’une météo favorable !
Et nous ne manquons pas le magnifique parcours dans la forêt de sapins qui nous mènera au refuge d’escalade, voire si besoin, jusqu’à la petite station de ski. Sans oublier en ces lieux, que de visiter les monastères historiques, aux hagiographies rares et aux objets uniques, tous superbement intégrés dans la nature, et qui attirent déjà les amateurs du fait religieux.

Le monastère le plus impressionnant de la région, est incontestablement Panagia Pelekiti, creusé dans la roche à 1400 mètres d’altitude. Il est littéralement suspendu au rocher vertical des montagnes dans un paysage naturel impressionnant.
Et pour rien laisser au hasard, nous dégustons à l’occasion des mets et des vins remarquables issus de la gastronomie de la région, faite de truites grillées et d’autres plats locaux, à base d’une viande au goût du terroir.

Surtout, nous ne manquerons pas de découvrir Mesenikólas, beau village entouré de chênes et de châtaigniers, réputé d’abord pour son vin, unique en Grèce.
Les amateurs de vin… ne devraient pas manquer l’occasion de visiter en notre compagnie les caves du village, dans une zone caractérisée comme V.Q.R.P.D., afin de déguster entre autres… le fameux Mesenikóla Noir.

Vous pouvez si vous le souhaitez déguster ce vin, ainsi que les autres alcools locaux… avec modération, tout en vous initiant à l’étonnante histoire, parfois il faut préciser franco-grecque, de cette contrée.
Il est également possible de joindre le bourg d’Ágrafa par la magnifique route non asphaltée, après réaménagement nécessaire de notre parcours pour y inclure cette étape sur piste d’environ quatre heures, toujours, précisons-le, par temps sec !

Une… perle il faut avouer, au beau milieu de cette imposante Grèce des montagnes, à l’histoire bien mémorable.
Car Ágrafa, le village, aurait d’ailleurs donné d’après certes une légende, bien son nom à l’ensemble de la région, ce qui signifie en grec “localités non-inscrites” aux registres administratifs sous l’Empire ottoman.
Ce n’est qu’une légende… et pourtant bien méritée !

Au-delà même de la fascination !


